Mac Miller, itinéraire d’un rappeur pressé

Mac Miller a dévoilé cette semaine son troisième album studio. Il sera ce mercredi 30 septembre au VK à Bruxelles. Itinéraire en cinq titres d’un jeune rappeur très productif, passé en quatre ans du cool kid doué phénomène sur internet au rappeur averti sur disques aboutis.

Mac Miller, né Malcolm James McCormick à Pittsburgh, n’a que 23 ans mais le chemin quantitatif et qualitatif parcouru est déjà impressionnant. A 15 ans seulement, il sort sa première mixtape « But My Mackin’ Ain’t Easy », qui sera suivie par deux autres avant de signer chez Rostrum Records. S’il était courtisé par plusieurs labels, il fait ce choix en partie pour y rejoindre Wiz Khalifa, ami de lycée.

Sa mixtape « K.I.D.S. (‘Kickin’ Incredibly Dope Shit) » sort peu de temps après, ce qui lui permettra de partir en tournée et définitivement se faire remarquer. Mais le premier tournant a lieu en 2011, avec sa cinquième mixtape « Best Day Ever ». Il n’a que 19 ans mais celle-ci contient son premier et énorme succès: « Donald Trump », qu’il prend en modèle et en dérision. Le richissime futur candidat républicain lui rendra l’amabilité en le taxant de « prochain Eminem ».

La comparaison ne se justifie que par la couleur de peau, le fond et la forme étant à l’opposé, mais Mac Miller n’est pas du genre susceptible et le remerciera. « A quoi vous vous attendiez? C’est Donald Trump! Il ne va pas dire J’écoutais ce petit Mac Miller et on voit qu’il a été influencé par A Tribe Called Quest et qu’il a beaucoup écouté Big L. Tout ce qu’il voulait dire c’était que je suis un rappeur blanc et que je suis en train d’exploser. »

Surfant sur le succès de « Donald Trump » (plus de 100 millions de vues sur Youtube) et de la mixtape « K.I.D.S. » (dont l’autre single « Best day Ever »), il sort son premier album studio « Blue Side Park » en 2011 qui sera, avec 145.000 ventes la première semaine, le premier album hip hop indépendant à atteindre le sommet des charts depuis le « Dogg Food » de Dogg Pound.

Pourtant, si le potentiel et le succès sont là, Mac Miller reste un jeune type cool et doué qui cède à la facilité. Il faudra attendre deux mixtapes et son deuxième album studio « Watching Movies with the Sound Off » en 2013 pour qu’il trouve un son plus personnel. Mac Miller retire son costume de kid sautillant pour des textes plus introspectifs et originaux sur des productions sombres et hypnotiques. Il s’entoure d’un casting de luxe: Action Bronson, Ab-Soul, Schoolboy Q ou encore Earl Sweatshit au micro; Flying Lotus, Pharrell Williams, Chuck Inglish et The Alchemist à la production.

La même année, il produit la mixtape « Stolen Youth » du talentueux Vince Staples et sort en 2014 rien de moins que sa 10e mixtape « Faces ». La crème du moment est là, avec notamment Kendrick Lamar en featuring et 9th Wonder aux manettes sur le titre « Rain ».

Après de multiples apparitions sur les projets de ses collègues précédemment cités, est sorti cette semaine « GO:OD AM », son troisième album studio et le premier chez une major. Mac Miller a tourné le dos aux drogues diverses qu’il prenait en grande quantité, s’est isolé et enfermé de longues heures en studio pour un résultat moins sombre. Il est aussi un peu moins bavard, mais toujours plus chill.

Vincent Schmitz

(publié sur 7sur7.be le 27 septembre 2015)

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