Le Bruxellois Hamza toujours plus high, toujours plus hype

Si vous êtes trap, drill, future bass, dirty south, cloud rap, (rétro)électro et autres dérivés aux étiquettes plus ou moins barbares du rap de club et du turfu, vos oreilles ont sans doute déjà croisé les sons de Myth Syzer et Ikaz Boi. Les deux producteurs français ont signé sur le label très hype Bromance et pour leur premier EP en duo, ils ont invité le Bruxellois Hamza, qui confirme son statut de rappeur francophone le plus américain du moment.

A$AP Ferg, Kaytranada, Vic Mensa, Derek Wise, Joke, ou Grems sont quelques-uns des rappeurs qui ont posé leur voix sur les productions de l’un et/ou l’autre de ces deux vieux amis de La Roche-sur-Yon. Pour la première fois associés sur un EP, « Cerebral » est le premier d’une série de trois, sorti ce vendredi sur le très coté label Bromance, fondé par Brodinski. On peut aussi se rappeler d’une collaboration de Myth Syzer avec la chanteuse Bonnie Banane sur « Zero EP » en 2013, pour un « Bonbon à la menthe » clipé par ses soins.

Avec ou sans paroles
Quatre titres composent « Cerebral », enregistré au Studio Red Bull à Paris, dont deux instrumentaux et deux morceaux avec rappeur inclus. « On veut faire kiffer les gens autant avec que sans paroles. C’est un pari risqué car ça ne plait pas à tout le monde. On veut montrer que même sans parole, on peut faire des sons qui touchent, qui amènent loin », raconte Myth Syzer à Noisey. En invités: Wicced, d’Atlanta (évidemment, l’influence de cette scène étant revendiquée) et Hamza, de… Laeken. Le rappeur belge qui dépasse à peine la vingtaine pose sa voix triturée sur « High » et confirme être devenu l’air de rien l’une des promesses du rap francophone tendance trap US, à la barbe des gros durs français.

« Encore meilleurs que la France »
Une scène belge inconnue pour les deux producteurs français jusqu’à l’arrivée de Damso (poussé par Booba sur son dernier album) et Hamza. « Ca a été une grande bouffée d’air frais pour le rap belge, ils apportent énormément au pays et pour moi, ils sont même encore meilleurs que la France. A eux deux, je trouve qu’ils mettent la Belgique au-dessus. Pour moi, le rap francophone se résume à 5 noms: Hamza, Damso, Bon Gamin, Joke et Booba, » expliquent-ils au site Noisey. « On aime Hamza et Damso parce qu’ils ont un délire US. Surtout Hamza, qui a un flow entraînant, mélodieux, ça ouvre des portes. Beaucoup de rappeurs connus aujourd’hui font de la copie, du flow aux instrus, du rap US. Et ce n’est pas supportable. »

Atlanta, Toronto, James Blake
Car, outre James Blake en référence commune, Myth Syzer et Ikaz Boi sont amateurs et connoisseurs de la scène rap actuelle de Toronto et, comme Brodinski, d’Atlanta, qui a distillé sa trap à travers le monde. Popularisée par Young Thug, Migos ou encore Future, on pourrait résumer celle-ci à des paroles salaces de gangsters sur des mélodies synthétiques syrup-euses pourpres. Des influences, parmi d’autres, qui donnent un EP dans la lignée du pont que Brodinski s’attelle à construire lui-même depuis plusieurs années, en brisant les barrières entre électro et hip-hop, avec en point d’orgue son récent album « Brava ».

La trap et ses dérivés s’est petit à petit imposée au point d’influencer tout le hip-hop et la musique électronique, pour le malheur des uns et le bonheur d’autres, boulimiques de nouveautés incalculables. Le rap français s’en est largement nourri, suivi par la Belgique. Dont Hamza, qui semble, en tout cas selon Myth Syzer et Ikaz Boi qui en sont totalement fans, avoir réussi à digérer les codes du genre pour les adapter à sa sauce Dallas.

La hype Hamza
Adoubé par la presse musicale française il y a quelques mois, Hamza a mis en lumière le (versant trap du) rap belge, créant un improbable emballement et une dépêche de la très sérieuse Agence France Presse. Après le buzz local autour de sa mixtape « H-24 » et surtout « La Sauce », ce coup de projecteur en fait aujourd’hui le plus hype des rappeurs belges en France, une sorte de Young Thug du rap francophone. « Ce qui m’inspire le plus, c’est la femme. C’est ce qui inspire le plus les musiciens en général. Et il y a tout qui va avec: la drogue, l’argent… Si j’écoute de la musique, il me faut quelque chose qui donne envie de danser. Pas un truc qui me donne envie de chialer, qui me fasse chier, » expliquait-il aux Inrocks en mai dernier. » Le titre « High » sur l’EP « Cerebral » fait donc comme prévu leur fête aux bitches et aux brocolis, métaphore fumeuse relancée par D.R.A.M. et Lil’ Yachty il y a quelques mois.

Son prochain album « Zombie Life » sortira le 24 juin et un nouvel extrait a été dévoilé ce jeudi. « One One » lorgne cette fois moins vers Atlanta que Toronto et le protégé de Drake, Ramriddlz.

Vincent Schmitz

(publié sur 7sur7.be le 18 juin 2016)

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